Au fil du Mérinos de Margot

La Mérinos d’Arles, la Mérinos de Preta du Portugal ou encore la Mérinos Précoce, sont les trois races de Mérinos qui constituent la centaine de brebis que Margot et Christophe chouchoutent dans le haut Diois. Ce métissage leur permet de proposer à la fois de la laine peignée, issue de la Mérinos d’Arles et de la laine cardée issue des Mérinos Preta et Précoce. Ce choix se fait en fonction de la finesse et du gonflant de la fibre. Mais avant de finir en fil à tricoter, la brebis, puis la toison, puis le fil traversent un certain nombre d’étapes.

Crédit photo: www.merilainos.fr

La brebis Mérinos, au fil des saisons

21 juin – 30 septembre, ce sont des dates qui se répètent tous les ans car c’est le moment pour les brebis de rejoindre leurs quartiers d’été. Pas de transport, pas de bétaillère, ici les brebis partent de la maison à pied jusque dans les hauteurs de la montagne du Jocou pour rejoindre 6 autres troupeaux, tous issus de fermes locales. Ce regroupement de fermes va permettre de constituer un troupeau d’été d’environ 1000 brebis et de payer deux bergers pour veiller sur elles.

Les landes et les vieux prés autour de la ferme vont constituer les parcours de printemps et d’automne. Elles vont ainsi passer le maximum de temps à manger de l’herbe fraîche avant que l’hiver ne s’installe et que les conditions ne permettent plus de les sortir. C’est pendant cette période de mi décembre à fin mars, pendant qu’elles sont au chaud dans la bergerie, que les mises bas et la tonte vont avoir lieu.

La tonte

Chez Margot, la tonte se passe au calme car c’est à ce moment là que le parcours de la toison au fil à tricoter commence, et mieux vaut prendre son temps ! Un tondeur qui connaît déjà bien la maison va prendre en charge la centaine de brebis et les libérer de leurs belles toisons. Les coupes doivent être propres car c’est dans la foulée que Margot va commencer son tri en fonction de la finesse de la laine et de sa couleur. Installée à sa table de tri, elle va différencier les toisons blanches et noires, les toisons ou parties de toison fines pour faire du fil peigné et moins fines mais plus gonflantes pour faire du fil cardé.

Crédit photo: www.merilainos.fr

De la toison au fil cardé

Une fois le tri effectué, Margot et Prunelle, une amie éleveuse du sud de la Drôme, vont mettre en commun leurs toisons dans le but d’atteindre ensemble un minimum de 100kg de toison. C’est le minimum pour leur ouvrir les portes des petites usines qui vont laver et carder leurs laines. Le lavage va s’effectuer en Haute-Loire chez Laurent Laine à Saugues. Une petite entreprise familiale depuis 1898. La filature Terrade dans la Creuse va prendre le relais et confectionner le fil cardé. Les écheveaux sont confectionnés à partir des couleurs naturelles (noir et écru). Les couleurs vont être mélangées afin de réaliser des tons gris clair (15% noir et 85% écru) et gris foncé (30% noir et 70% écru).

De la toison au fil peigné

Si le fil cardé peut être réalisé à partir de petites quantités de toisons, le fil peigné nécessite de regrouper aux alentours de 2 tonnes de toison. C’est dans ce contexte qu’une vingtaine d’éleveurs du quart Sud-Est se sont regroupés pour envoyer ensemble une fois par an leurs toisons (association Mérilainos). C’est en Italie, à Biella que tout se passe. Ce canton italien situé dans les contreforts des Alpes a réussi à maintenir une petite industrie textile de grande qualité depuis plusieurs siècles. A contrario la France ne compte plus d’usine de peignage nécessaire à la confection du fil peigné.

Après un certain nombre d’étapes de transformation, chaque éleveur va récupérer au prorata de ce qu’il a amené en toison, des écheveaux, des pelotes ou des pelotes teintes. A ce stade Margot récupère seulement des écheveaux écru qu’elle gardera en couleur naturelle ou fera teindre par Marie, une teinturière spécialiste des teintures végétales basée à Die.

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